07/12/2003

Lettre de Claude Piron

de Claude Piron envoyé à France 2

Dans le programme-jeu "La Cible", Olivier Minne,
donnant la réponse "espéranto" à une question
qui avait laissé le candidat perplexe, a ajouté :
"ça a disparu depuis, d'ailleurs"...

Erreur! L'espéranto se porte très bien
et poursuit sans relâche sa lente diffusion.
Il suffit de taper "espéranto" sur un moteur de recherche

ou de consulter le site www.esperanto-panorama.net  pour s'en rendre compte.

Il ne se passe pas un jour sans que l'espéranto ne soit,
quelque part dans le monde, la langue d'une conférence,
d'une session ou autre réunion internationale
(liste de ces manifestations:
http://perso.wanadoo.fr/esperanto/kalendar.htm).
La revue "Esperanto" a des abonnés dans plus de 110 pays
et un système d'hébergement gratuit organisé par diverses associations
permet au voyageur qui sait l'espéranto d'être accueilli chez l'habitant,
sans problème de langue, dans quelque 80 pays (voir
www.esperanto.nu/ps).
Il y a des locuteurs de l'espéranto
dans la plupart des villes de la plupart des pays du monde.
J'ai personnellement beaucoup profité de ce réseau
lorsque
je travaillais pour l'OMS, pour laquelle j'ai parcouru la planète.
J'ai souvent eu grâce à l'espéranto des
discussions passionnantes
sur la politique, les différences de mentalité, les problèmes de la vie quotidienne,
la vie personnelle, la culture, etc., avec des habitants du lieu où je me trouvais
,
par exemple dans des pays comme la Bulgarie, le Brésil, l'Ouzbékistan, la Finlande ou le Japon.
Je n'ai jamais mis les pieds en Iran, en Corée ou en Albanie,
mais je suis en contact en espéranto avec des personnes de ces pays.

Contrairement à ce qu'on croit, l'anglais est décevant pour les contacts humains.
Dans bien des endroits il est limité aux grands hôtels,
aux compagnies d'aviation et à une mince couche de businessmen:
il ne permet pas de toucher des gens ordinaires.
Ou le niveau en anglais de l'interlocuteur est si minable
qu'on ne peut échanger en profondeur.

Aujourd'hui, j'ai cessé de parcourir le monde,
mais
j'utilise encore l'espéranto tous les jours.
Il est regrettable que les médias, à notre époque,
ne mentionnent une réalité que si elle est sensationnelle.
Depuis qu'il est apparu sur la scène mondiale en 1887,
l'espéranto n'a jamais cessé de se propager,
au rythme lent de l'histoire, tranquillement,
comme une plante qui croît naturellement.
Cette diffusion s'accélère avec l'Internet,
mais apparemment elle n'intéresse pas les responsables de l'information.

Serait-il possible que vous fassiez quelque chose
pour rectifier l'effet de désinformation
qu'a involontairement provoqué Olivier Minne?
Le grand public a le droit de connaître la vérité sur ce sujet comme sur tous les autres.



21:22 Écrit par Esper@nto en Bruselo | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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